Le chaudron de Dagda
Un article de Vindilis.
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Texte du Background DAOC
(tiré du site officiel)
i tu m'offres un verre, petit, je te raconterai comment je suis arrivé là. Comment, tu veux pas me payer un coup ? Tu as besoin de ton argent pour acheter des flèches à ce voleur de Connor. Je comprends, t'as envie de défendre la terre de tes ancêtres. J'ai fait pareil à ton âge.
Sauf que mes ancêtres à moi, ils reposent en Albion.
Eh quoi ? Tu croyais que j'avais pris ce tartan sur le champ de bataille ? C'est celui de mon clan, les MacNaight. Il y a pas si longtemps, j'étais un mercenaire couvert de gloire. Mes hommes et moi étions réputés invaincus sur les frontières. Jusqu'au jour où l'idée nous prit d'accomplir le plus haut des hauts faits : dérober une relique aux mangeurs de mouton que vous êtes. Je connaissais bien les contreforts du mont Collory, c'est pourquoi on a choisi le chaudron de Dagda. Qui voudrait d'une lance de toute façon ? C'est pas une arme de guerrier civilisé !
Ah, merci pour l'hydromel, petit. Je savais que mon histoire valait bien une chope. Une seconde, je m'humidifie le gosier et je reprends.
La prise du reliquaire n'a pas été bien difficile : on n'a laissé qu'un gars sur le carreau. Sauf que c'était notre soigneur. Ce crétin d'Angus s'était porté au devant du combat en hurlant « Pour la Lumière ! » avant de tomber sous les flèches des défenseurs. Toujours est-il qu'on a réussi à mettre les bouts avec la relique. C'est là que le cauchemar a commencé. Tous blessés à divers degrés, sans clerc pour nous rafistoler, on a eu un mal de tous les diables à passer le portail est. J'étais tellement affaibli par mes blessures que j'ai accepté d'être porté par Dame Elénor - moi, un fier combattant des Highlands, affalé sur le bouclier d'une paladine buveuse de vin !
La nuit tombait et les pouvoirs du ménestrel s'épuisaient. Il fallait qu'on se repose quelques heures dans un endroit sûr. J'ai donc ordonné à notre éclaireur de nous trouver une cachette quelque part dans les collines. Le petit Moulhad nous a dégotté une caverne humide et puant la fiente d'ours, mais facile à défendre.
Il tape bien derrière la tête cet hydromel, c'est une production de chez toi ? C'est du furtif, comme qui dirait… Allez, encore un petit gobelet, merci mon gars.
A peine étais-je allongé qu'il m'arriva quelque chose d'étrange. Je m'étais mis à somnoler, à moitié délirant à cause de mes blessures, quand j'entendis une voix chanter. Une voix enchanteresse, douce comme le miel et forte comme la liqueur firbolg que vous autres ingurgitez en fin de soirée. J'eus l'impression de voir apparaître une silhouette environnée de lumière, mais la vision s'interrompit quand Elénor me secoua.
« Debout, mon valeureux ami ! Nous pouvons repartir ! » claironnait-elle. A ses côtés, ma bande de guerriers rayonnait. Plus une estafilade, plus un bleu ! Tous étaient prêts à en découdre à nouveau. La paladine me tendait une gamelle qui répandait une succulente odeur de ragoût de mouton. Je me relevai difficilement tandis que mon esprit brumeux finissait par comprendre. Dans le fond de la caverne, le chaudron divin des Hiberniens étincelait, empli jusqu'à ras bord du mets fumant.
« Vous avez mangé… » la phrase resta coincée dans ma gorge. L'absurdité d'un tel comportement s'estompait devant la faim qui me tenaillait. Le froid, la douleur et peut-être aussi un écho de la voix de mon rêve m'incitèrent à goûter la manne magique. Dès la première bouchée, une chaleur bienfaisante envahit mon corps fourbu. Avant même d'avoir terminé, j'étais debout, guéri et donnant des ordres pour reprendre la route vers la côte.
Les légendes disaient vrai : nul ne reste affamé qui vient au chaudron de Dagda.
Mais le sort s'était acharné contre nous : notre bateau, pourtant bien caché dans une crique, avait été coulé et les deux hommes que j'avais laissés pour le garder massacrés. Nous allions être obligés de poursuivre jusqu'à Dun Bolg, en espérant que les défenseurs d'Albion tenaient toujours le fort.
Harcelés de tous côtés, nous tombions les uns après les autres. Pendant toute cette marche forcée, je pensai au chaudron. Si ses pouvoirs étaient réels, pouvait-il aussi invoquer des légions de fantômes depuis les abysses ? Parvenus en vue des premiers étendards de nos frères, seuls Moulhad, Elénor et moi étions encore en vie. La vue qui s'offrait à nous nous ôta tout espoir. L'avant-poste était en flammes et une horde d'Hiberniens campaient sous les murs du fort. Nos poursuivants étaient sur nos talons, c'était la fin.
Mais la relique que nous transportions était trop importante pour être perdue si près du but. Je ne sais si j'eus l'idée tout seul ou si la douce voix de mon rêve m'y incita, mais j'ouvris le coffre qui contenait le chaudron et regardai dedans. Il me fallait tenter le tout pour le tout et appeler l'armée des morts à la rescousse. Désespéré comme je l'étais, je ne me rendais pas compte à quel point cette idée était stupide : comment pouvais-je espérer contrôler la magie du chaudron ?
Et ce fut le contraire qui arriva. Le pouvoir de la relique s'empara de moi et bientôt, j'étais à la tête d'une colonne de guerriers morts-vivants issue du chaudron. Riant comme un damné, je pris d'assaut Dun Bolg, massacrant mes compatriotes avec délectation. A mes côtés, la forme magnifique de Dana dansait en fredonnant des chants de guerre de sa voix envoûtante.
Eh oui, tel que tu me vois, petit, je suis un élu de la Déesse, un héros d'Hibernia. Et un traître à Albion. Depuis je me cache dans ce village moisi, noyant mon remords dans l'alcool, espérant à moitié que le roi soit assez furieux après moi pour m'envoyer un sicaire qui mettra fin à ma misérable vie. Je vois à ton sourire que je ne me suis pas mépris sur ton identité. C'était facile, personne ne m'offre plus jamais à boire ici.
Ressers-moi de cet hydromel, mon ami. Je sens déjà mes membres s'engourdir. Qui sait, quand ton poison aura fait son office, peut-être mon âme passera-t-elle de l'autre côté du Voile pour y retrouver Dana ?
Mythologie Celtique
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Le Dagda est le dieu-druide par excellence (et par conséquent le dieu des druides), il a en charge le sacré, la science, les contrats. Il règne sur le temps, l'éternité et sur les éléments, ainsi que sur le Sidh (l'Autre Monde celtique) mais lui-même habite le Brug na Boinne, ou « hôtel de la Boyne » que Oengus, son fils, va lui ravir. Sous prétexte d'en avoir la jouissance pendant une nuit et un jour, le Dagda prête sa résidence, mais la durée symbolise l'éternité et Œngus la garde définitivement. Cette résidence, qui n'est autre qu'un Sidh, est assimilée au site mégalithique de Newgrange, au nord de Dublin.
Il forme un binôme avec son frère Ogme (l'Ogmios des Gaulois), le dieu de la magie guerrière, dont il est le complément. De par sa fonction, c’est un druide parfait, il est omniscient et omnipotent, c’est aussi un guerrier puissant. Il a un côté paternel et nourricier. On le décrit parfois comme un géant hideux et un ogre paillard. Ses accouplements avec les déesses sont nombreux. On lui connaît plusieurs talismans, dont le chaudron d'abondance (symbole de prospérité), la massue qui tue et ressuscite (symbole de sa puissance) et la roue (symbole cosmique).
En Gaule sa fonction est répartie entre trois dieux distincts : Esus, Sucellos et Taranis.
Talismans
La harpe magique
Le Dagda est aussi le dieu tutélaire des musiciens et à ce titre il possède une harpe magique, qui est un autre de ses talismans ; on la connaît sous les noms de Dur-Dabla et Coir Cethar Chuir. Cet instrument a la particularité de savoir toutes les mélodies de la musique et de pouvoir les jouer toute seule, sur instruction du dieu. Dans le récit intitulé Seconde Bataille de Mag Tured (Cath Maighe Tuireadh), la harpe est volée par les Fomoires, le Dagda se met à sa recherche, accompagné de Lug et Ogme. Ils la retrouvent accrochée au mur d'une résidence des ennemis, à l'appel du dieu, la harpe s'envole et tue neuf Fomoires. Alors elle joue l'air des lamentations et les femmes se mettent à pleurer, puis elle joue l'air du sourire et les garçons se mettent à rire ; enfin elle joue l'air du sommeil et l'armée ennemie s'endort.
Le Dagda a parfois recours aux services d'un harpiste du nom de Uaithne (qui signifie harmonie)
Le chaudron
Le chaudron est un élément important dans la mythologie celtique. Celui du Dagda provient de l’île de Murias du druide Semias, avant que les Tuatha Dé Danann ne s'installent en Irlande. Il symbolise la souveraineté, l’abondance et la résurrection (voir chaudron de Gundestrup). On le retrouve dans la légende arthurienne sous la forme du « graal ».
La roue
La roue symbolise la puissance cosmique. La roue du Dagda est à huit rayons, elle rend sourd celui qui l'entend, aveugle celui qui la voit et tue celui sur qui elle tombe.
La massue
Le Dagda à le droit de vie et de mort:la massue tue parun bout et ressuscite de l'autre. Elle peut écraser d'un coup neuf hommes. Elle est si lourde qu'il faut huit hommes pour la porter et elle laisse un sillon dans le sol qui peut servir de frontière entre les deux mondes. Elle est montée sur roues.