La Lance de Lugh
Un article de Vindilis.
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Texte du Background DAOC
(tiré du site officiel)
Le cœur de Conrad battait à tout rompre dans sa poitrine. Jeune homme aux faits d'armes déjà reconnus de Cornouailles à Llyn Barfog, c'était la première fois qu'il franchissait les murs de la forteresse de Snowdonia. Impatient d'en découdre, il s'était levé avant l'aube et n'avait pas attendu ses frères d'armes pour faire le voyage avec eux. Il pourrait toujours les rejoindre à Caer Sursbrooke avant d'embarquer pour son premier raid sur les côtes de Midgard.
Le temps qu'il avait devant lui, il allait le mettre à profit pour faire un pèlerinage. Il avait entendu la veille qu'une relique hibernienne, la Lance-éclair de Lugh, avait été prise par les forces d'Albion et ramenée sur les frontières du royaume.
Depuis sa plus tendre enfance, son grand-père le régalait des légendes du temps jadis, lorsque les trois royaumes étaient réunis sous la houlette du bienveillant Haut Roy. Conrad avait toujours apprécié les mythes de l'ancienne Hibernia, et tout particulièrement l'histoire de Lugh Lamfhota et de sa lance.
Conrad prit la route avec en tête mille images de combats épiques. Gáe Assail était l'arme magique que le seigneur des elfes avait plantée dans le cœur de Balor à l'Œil mauvais, roi des fomoriens. Même s'il ne l'avait jamais avoué à personne, c'étaient les récits des exploits de Lugh qui lui avaient donné l'envie de devenir maître d'armes.
Le soleil pointait à peine à l'est quand Conrad parvint devant le fort de Caer Hurbury. Il n'eut aucun mal à se faire admettre à l'intérieur. Il n'est pas rare que les défenseurs viennent admirer les reliques capturées.
En entrant dans la salle où la Lance-éclair était gardée, Conrad eut le souffle coupé. Elle était devant lui, à moins de deux mètres, suspendue au-dessus du sol par le pouvoir de sa propre magie. Il resta là, pendant de longues minutes, baigné dans la lueur argentée émise par l'artefact divin.
« Imposant, n'est-il pas ? » La voix était venue de nulle part.
Conrad tourna la tête en tous sens. « Qui a parlé ? »
« Personne. Ou une ombre, peut-être ? » répondit la voix désincarnée.
« Hein ? » Le jeune guerrier ne comprenait plus. Il braquait sa propre lance dans tous les sens, à la recherche d'un ennemi invisible.
« D'accord, je vois, » reprit-elle. « Je vois que le sens de l'humour n'est votre fort, à vous les Albionais. Et puis range ta petite pique, je ne te menace point. »
Conrad était rouge de colère. Jamais on n'avait osé se moquer de lui comme ça. « Montre-toi, assassin ! Je vais t'y faire goûter, à ma petite pique ! »
« Tu ne comprends toujours pas, mon jeune ami ? Je suis là, devant toi, et ne me cache point. Je ne suis pas un de ces vulgaires poignards de malandrin. »
Le maître d'armes comprenait enfin. Les bras ballants et la bouche bée, il se tourna vers la relique.
« Eh bien tu vois, maître d'armes. Tu m'as trouvée. Et je t'en félicite. Rares sont ceux qui ont assez de foi en les anciennes légendes pour que je puisse communiquer avec eux. Très rares, même. Ma mémoire n'est plus ce qu'elle était, mais je crois que le dernier guerrier à qui j'ai parlé était le jeune Lugh. »
« Lu… Lugh Lamfhota ? » Conrad n'en revenait pas de parler avec Gáe Assail.
« Oui, c'est ça. Un grand guerrier, pour un elfe. Tu le connais ? »
« Non, mais… Il est revenu d'au-delà du… du Voile, à ce qu'on dit. Il est le Roy en Hibernia. »
L'aura de la relique vira de l'argenté scintillant au plus froid des bleus. « Pardon ? Il est de retour et il m'a laissée croupir dans mon reliquaire ? Pour que je me fasse barboter comme un vulgaire bibelot ? »
Conrad se reprenait. Il se rendait compte de la chance insensée qui était la sienne et il ne se sentait plus de joie. Pour un peu, il se serait mis à léviter aux côtés de sa nouvelle amie. « Mais, c'est que… les reliques aident à protéger les royaumes qui les détiennent. »
« Ah. Bien sûr. Je n'avais pas vu ça comme ça. C'est évident. Contentons-nous de défendre nos îles, et gardons bien la tête baissée pour éviter les flèches. Disputons-nous nos armes les plus puissantes et surtout, restons bien au chaud chez nous. »
D'acerbe, le ton de Gáe Assail devint subitement mielleux. « Alors que je pourrais retourner au front, à pourfendre quiconque s'opposerait à mon possesseur. À mordre l'acier et l'os. Laissant derrière moi un sentier de mort et de gloire, qui nous mènerait jusqu'au cœur des territoires ennemis. »
Si évocateurs étaient les mots de la relique que le jeune homme imaginait déjà la marche triomphante jusqu'à Tir na Nog et Jordheim.
« Si seulement j'avais un nouveau porteur. Quelqu'un de fougueux, qui croie encore en la possibilité d'une victoire totale sur ses ennemis. Quelqu'un de suffisamment pur pour entendre ma voix… Toi, Conrad, mon ami ! »
Hypnotisé par les évocations de la Lance-éclair, Conrad s'approcha, tendant la main vers elle.
« Viens à moi, mon héros. Ensemble, nous créerons une nouvelle légende de bruit et de carnage. »
Mais soudain, une vive douleur s'empara de lui. Mille aiguilles étaient plantées dans ses jambes, lui interdisant tout mouvement. Baissant les yeux, il se rendit compte qu'une gangue de glace se formait autour de lui. En quelques secondes, il fut complètement paralysé, incapable de voir à travers l'épaisse couche de givre qui l'emprisonnait. À peine entendit-il le cri de frustration et de rage poussé par la lance démente.
« C'est le troisième qu'elle parvient à influencer, milord. » Le maître thaumaturge était inquiet quand il vint faire son rapport au seigneur Hurbury.
Celui-ci se gratta le menton, visiblement gagné par l'inquiétude de son conseiller. « Au moins, cette damnée lance n'a pas réussi à quitter le fort comme la dernière fois. J'ai bien cru qu'elle allait nous échapper quand ce détachement hibernien a été signalé dans la forêt. En tout cas, il est heureux que tu n'aies pas eu à tuer ce jeune maître d'armes pour empêcher cette arme maléfique de s'évader. Je le sermonnerai vivement avant de le faire escorter à la forteresse de Snowdonia. »
« À l'avenir, je préconise que nous interdisions à quiconque d'entrer seul dans la salle de la Lance-éclair. »
Le seigneur donna une vive claque dans le dos du thaumaturge. « Aye. Et si jamais nous la perdons malgré ça, sois assuré que je demanderai à garder le cor du Valhalla la prochaine fois ! »
Mythologie Celtique
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Lug est le fils de Cian et Eithne, il est aussi apparenté aux Fomoires par son grand-père maternel Balor, qu'il tue avec son lance-pierre, conformément à une prophétie. Alors qu'il se présente à la résidence du roi Nuada, à l'occasion d'une fête, le Portier lui refuse l'accès. Lug affirme qu'il peut être utile, on lui répond par la négative ; c'est ainsi qu'il est successivement charpentier, forgeron, échanson, guerrier, magicien. C'est en qualité de joueur d'échecs qu'il est accepté, et dispute une partie avec le roi qu'il bat. Cette partie est purement symbolique puisqu'il s’agit d’une joute intellectuelle à l'issue de laquelle, Lug prend le pouvoir du monde. On le retrouve combattant avec son fils Cúchulainn, lors de l'invasion de l'Ulster par la reine Medb.
Jules César dans la Guerre des Gaules le compare à Mercure. Son nom même, en rapport avec la lumière en fait un dieu solaire.
Un autre de ses nombreux surnoms est « lamfada » ce qui signifie « au long bras », ce qui confirme l'universalité de ses pouvoirs. Il maîtrise la création, les échanges, la pensée et la beauté, c'est un druide, un guerrier et un artisan qui peut aussi se montrer vindicatif et obscur.
Il possède une lance magique, arme mortelle à chaque coup mais qui sert aussi à l'adoubement royal ; elle est inséparable du Chaudron du Dagda rempli de sang, il faut qu'elle y soit plongée pour éviter qu'elle ne détruise tout autour d'elle ; il se sert aussi d’une fronde redoutable.
Pour les arts, il a une harpe qui joue de la musique toute seule, mais dont il sait se servir admirablement : elle peut endormir, faire pleurer ou rire.